Doucement et les années s'enfuient
Et pourtant rien ne t'efface de ma mémoire blessée
comme si c'était hier , mon c½ur saigne sans bruit
Ton départ qui a ruine mes hivers et mes étés
Rien ne me console, et dans mes nuits d'insomnie
Je nous imagine causant de tout et de rien
toi les bras croises sans aucune acrimonie
moi, perdu dans des voyages de bohémien
nos discussions s'éternisent , sempiternelles
Nos rires raisonnent dans un obscur néant
puis rebondissent dans le fond de mes oreilles
pour enrichir d'amour mon c½ur d'enfant
Au petit matin je m'endors épuises mais serin
d'avoir pu en rêve passer un moment a tes cotes
afin d'assécher un tantinet mon chagrin
grâce à ta présence que j'imagine faite déité
Puisse cette rêverie devenir un jour vérité
afin que je puisse te dire tous ces manques
que ton absence m'a définitivement volés
qui font pleurer mon c½ur de saltimbanque
Je ne cesse de prier les cieux d'abréger mes maux
physiques et mentaux afin de pouvoir te rejoindre
que cette maladie m'emporte en ces temps hiémaux
qu'enfin cet impudent rongeur viennent m'oindre
que trépasse mon âme en des cieux plus cléments
loin de cette barbare souffrance corporelle
que m'impose ce mal rongeur avec acharnement
sans aucune espèce d' accalmie temporelle
que finissent mes tourments journaliers
et que vienne la délivrance doucereuse
de mon trépas sur les barres du boulier
servant à mesurer le temps de la faucheuse
Je te reverrai alors au firmament du temps
dans ta nouvelle demeure , remplie de massacres
assis en bout de table , les bras croises, souriant
et l'on partagera une douce clope au goût âcre
nous rirons de ce mal qui nous a bouffé sur terre
car tout compte fait lui n'aura pas traversé
la barrière ou il nous a entraîné dans sa guerre
et ne connaîtra jamais les joies de ce monde inverse
viens encore discuter dans mes nuits blanches
me tenir compagnie et soulager ma solitude
avant que je m'endorme entre quatre planches
enfin bercé par la faucheuse et ses assuétudes


